Libération
21 novembre 2024
Un signalement ? Un article du journal Libération en date du 21 Novembre 2024 se penche sur les publications qui « fleurissent pour analyser les ressorts des progrès du RN ».
Robert — Le 21 Novembre 2024
Michaà« l Foessel et Étienne Ollion : « Une étrange victoire - L’extrême droite contre la politique »
Seuil — Le 18 Octobre 2024
De quelle victoire parle-t-on à propos de l’extrême droite ? Attendue, crainte, inéluctable : les adjectifs se bousculent pour la qualifier. Il se pourrait que cette victoire soit d’abord étrange. Il est étrange, par exemple, de voir la xénophobie érigée en rempart de la république ou d’entendre que son projet économique s’apparente à celui de la gauche. Étrange aussi de constater son soutien à la constitutionnalisation de l’IVG et son ralliement au libéralisme culturel.
En France comme ailleurs, cette étrangeté constitue un élément de la victoire. Celle-ci résulte d’un brouillage des coordonnées politiques de la démocratie contemporaine. L’affaiblissement du clivage entre la gauche et la droite, l’abandon d’une mémoire commune, l’affaissement du débat public ont contribué à rendre méconnaissable un courant qui, pour l’emporter, a besoin d’être méconnu. Ce ne sont pas tant les idées de l’extrême droite qui ont triomphé que son infrapolitique, faite d’un prétendu bon sens et de valeurs nationales accommodées au goà »t du jour.
Face à cette morale identitaire, les auteurs proposent de réinvestir une politique de l’égalité. Et de penser un « nous », alternatif à l’assignation au « chez nous ».
Michaà« l Foessel est philosophe, auteur notamment de Récidive. 1938 (PUF, 2019).
Étienne Ollion est sociologue, auteur notamment de Les Candidats. Novices et professionnels en politique (PUF, 2021).
Salomé Saqué : « Résister »
Payot — Le 16 Octobre 2024
L’extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans les urnes comme dans les esprits, ses thèmes, son narratif et son vocabulaire s’imposent. Il est encore temps d’inverser cette tendance, à condition de comprendre les rouages de cette progression et de réagir rapidement.
Ludivine Bantigny : « Battre l’extrême droite »
Du Croquant — Le 8 Octobre 2024
Nous en sommes là : avec une extrême droite aux portes du pouvoir et qui a failli l’emporter. Qui gagnera si on n’engage pas tous les moyens pour l’empêcher. Or cette extrême droite est féroce : elle n’a rien abandonné de son racisme ni de sa violence, malgré ses tentatives pour se respectabiliser. Ce livre examine son programme et ses stratégies, la machine médiatique qui lui sert de marchepied et le pouvoir en place qui ne cesse de la favoriser en imitant son projet. Mais l’analyse ne suffit pas : battre l’extrême...
Olivier Mannoni « Coulée brune » - Comment le fascisme inonde notre langue
Heloise Ormesson — Le 10 Octobre 2024
« J’ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote. Je dissous donc l’Assemblée. » Silence retentissant dans un pays sonné. Pourtant, l’écrasante victoire de l’extrême droite aux élections européennes n’est pas une surprise. Le glissement s’opère depuis longtemps dans notre langage. Á quand cela remonte-t-il ? Au second tour de 2002 ? à la crise des Gilets jaunes ? à celle du COVID-19 ? Olivier Mannoni, qui a traduit Mein Kampf et qui connaît les pièges du discours et de la sémantique, sait,...
Michel Feher : « Producteurs et parasites. L’imaginaire si désirable du RN »
La Découverte — Le 29 Aoà »t 2024
Le RN est rarement crédité d’un vote d’adhésion. Jugeant l’hypothèse trop décourageante, ses détracteurs préfèrent évoquer le désaveu qui frappe ses rivaux, la toxicité de l’espace médiatique ou le délitement des solidarités ouvrières. Producteurs et parasites entreprend au contraire d’examiner la popularité de l’extrême droite à la lumière des satisfactions que sa vision du monde procure à ses électeurs.
Le parti lepéniste divise la société française en deux classes moralement antinomiques : les producteurs qui n’aspirent qu’à vivre du produit de leurs efforts et les parasites réfractaires à la « valeur travail » mais rompus à l’accaparement des richesses créées par autrui. Les premiers contribuent à la prospérité nationale par leur labeur, leurs investissements et leurs impôts, tandis que les seconds sont tantôt des spéculateurs impliqués dans la circulation transnationale du capital, financier ou culturel, et tantôt des bénéficiaires illégitimes de la redistribution des revenus.
Ancrée dans la critique des privilèges et des rentes, l’assimilation de la question sociale à un antagonisme entre producteurs et parasites n’a pas toujours été la chasse gardée de l’extrême droite. Sa longue histoire révèle toutefois que le désir d’épuration auquel elle donne naissance passe toujours par une racialisation des catégories réputées parasitaires. Pour résister au RN, il est donc aussi nécessaire de dénoncer son imaginaire que de reconnaître l’attrait qu’il exerce.
















